


Une remarque sur une tenue, une « blague » qui ne fait rire qu'une partie de l'équipe, un geste déplacé lors d'un afterwork. Selon la Grande Enquête sur la santé mentale au travail 2026 (Ifop pour Moka.Care, le BCG et le GHU Paris psychiatrie et neurosciences), 26% des salariés ont déjà observé ou vécu des réflexions et comportements à connotation sexuelle ou sexiste au travail, et 21% en ont été témoins.
Face à ces situations, beaucoup restent figés, par peur de se tromper ou de « faire une histoire ». Pourtant, la réaction des témoins pèse lourd sur la santé mentale de la personne visée comme sur le climat de l'équipe.
Dans cet article, nous vous partageons des repères concrets pour réagir, que l'on soit collègue ou manager.
Les violences sexistes et sexuelles (VSS) au travail regroupent un ensemble de comportements, du propos sexiste à l'agression sexuelle. Le droit en distingue trois grandes formes :
Le témoin n'a pas à qualifier juridiquement les faits avant d'agir : ce rôle revient à l'employeur et, le cas échéant, à la justice. Pour aller plus loin, notre article sur les différentes formes de harcèlement au travail détaille leurs effets sur la santé mentale.
Rester silencieux face à des VSS ne relève pas d'un manque de courage. Plusieurs mécanismes psychologiques freinent le passage à l'action :
Être témoin a aussi un coût psychique : culpabilité, rumination, perte de confiance dans le collectif.
Il n'existe pas de réaction unique, mais une palette d'options. La méthode des 5D, conçue par l'association américaine Right To Be (anciennement Hollaback) et largement reprise en France, aide à choisir celle qui correspond à la situation et à sa propre sécurité.
Dialoguer, le cinquième D, consiste à revenir vers la personne visée. C'est souvent l'étape la plus utile, possible même si l'on n'a pas réagi sur le moment. Quelques repères pour cet échange :
Bon à savoir : le Code du travail protège les témoins. Aucune personne ne peut être sanctionnée, licenciée ou discriminée pour avoir témoigné de faits de harcèlement sexuel ou les avoir relatés (article L1153-3 du Code du travail).
Pour un manager, réagir fait partie du rôle. Il ou elle représente l'employeur, tenu de prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir le harcèlement sexuel, y mettre fin et le sanctionner (article L1153-5 du Code du travail).
Les managers sont d'ailleurs en première ligne : selon la Grande Enquête 2026, 16% des encadrants déclarent avoir été témoins de réflexions et comportements à connotation sexuelle ou sexiste, contre 7% des non-managers.
Checklist - les réflexes du manager témoin :
Au quotidien, le manager donne aussi le ton : ne pas rire à une blague sexiste, reprendre un propos déplacé en réunion.
Savoir réagir s'apprend. Sans repères partagés, chacun improvise, et le silence l'emporte souvent. Or seuls 16% des salariés déclarent que leur entreprise a mis en place des formations à la prévention en santé mentale ou des risques psychosociaux, selon la Grande Enquête 2026.
Remixt propose par exemple de se former à la prévention des violences sexistes et sexuelles en 30 minutes, à destination des salariés, des managers, des équipes RH et des référents harcèlement du CSE.
Les VSS font partie des risques psychosociaux : les intégrer à la démarche de prévention globale renforce sa cohérence.
Il n'existe pas de réaction parfaite face à des VSS. Mais une diversion, un mot adressé à l'auteur, un message le lendemain à la personne concernée : chacun de ces gestes compte. Lorsqu'elle se sent soutenue, la personne visée traverse souvent l'épreuve autrement.
Le soutien passe d'abord par l'écoute : choisir un moment discret, croire la personne, ne pas minimiser ni juger. On respecte ensuite ses choix, y compris celui de ne pas signaler les faits. Lui indiquer les ressources disponibles (référent harcèlement, médecine du travail, ligne d'écoute psychologique) et lui proposer de l'accompagner dans ses démarches l'aide souvent à ne pas rester sans soutien.
Un agissement sexiste est un comportement lié au sexe d'une personne qui porte atteinte à sa dignité ou crée un environnement hostile, un seul fait suffit (article L1142-2-1 du Code du travail). Le harcèlement sexuel suppose des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés, ou une pression grave visant à obtenir un acte sexuel. C'est un délit puni par le Code pénal (article 222-33).
Le Code du travail protège les témoins : aucune personne ne peut être sanctionnée, licenciée ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire pour avoir témoigné de faits de harcèlement sexuel ou les avoir relatés (article L1153-3). Le témoin n'a pas à prouver ni à qualifier les faits. Il peut alerter son manager, les RH, le référent harcèlement, le CSE, la médecine du travail ou l'inspection du travail.


Dans ce guide en partenariat avec le cabinet de conseil Korn Ferry, vous apprendrez :
.webp)


Dans ce guide en partenariat avec le cabinet de conseil Korn Ferry, vous apprendrez :


Un monde qui change demande des éclaireurs qui évoluent aussi. Dans ce guide en partenariat avec Kea & Partners, vous apprendrez :

Dans ce guide, vous apprendrez comment :

Dans ce guide en partenariat avec Yaggo, vous découvrirez :

Dans ce guide, vous apprendrez comment :

