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déconnexion : comment vraiment couper

La déconnexion est-elle un art perdu ?

La déconnexion, notre nouvel Everest

On ne vous apprend rien : dans un monde d’hyperconnexion généralisée, déconnecter de son travail semble relever d’un exploit.

Jadis — il n’y a pas si longtemps que ça — on quittait le travail le soir pour le retrouver le lendemain. Point.

On vous voit venir : “c’était mieux avant”. Rappelons quand même qu’à cette époque le télétravail était pour le moins inconcevable. Aussi faut-il reconnaître que le tout numérique présente bien des avantages : le gain de temps, la collaboration accrue, la rapidité d’exécution.

Mais tout a un coût et dans le cas de l’hyperconnexion, on parle bien sûr de coûts humains.

Combien sommes-nous à avoir nos mails pro et nos messageries internes sur nos portables personnels — c’est-à-dire, littéralement, à portée de main ?

Oui, les frontières entre ces deux mondes, le travail et la maison, sont définitivement brouillées. Un retour en arrière semble peu probable.

La déconnexion : une loi qui n’en est pas une ?

En 2017, la loi du travail a introduit le “droit à la déconnexion”. Cette loi impose aux entreprises la “mise en place des instruments de régulation de l’outil numérique.”

Concrètement ? Les employés ont le droit de ne pas se connecter aux outils numériques et de ne pas être contactés par leur employeur en dehors de leur temps de travail.

Dans le Code du travail, le droit à la déconnexion est intégré à l'article L2242-17 :

"7° Les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l'entreprise de dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques, en vue d'assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale. A défaut d'accord, l'employeur élabore une charte, après avis du comité social et économique. Cette charte définit ces modalités de l'exercice du droit à la déconnexion et prévoit en outre la mise en œuvre, à destination des salariés et du personnel d'encadrement et de direction, d'actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques."

Mais que doit contenir cette fameuse charte ? Qu'est-ce qu'on entend par "usage raisonnable", exactement ? 

Vous l'aurez compris : il existe donc à peu près autant de droits à la déconnexion qu’il existe de chartes.

Bien qu'il y ait des progrès notables, la législation du droit à la déconnexion reste encore trop flou pour en tirer des règles absolues.

L’hyperconnexion : c’est grave, docteur ?

C’est vrai, au fond : que risque-t-on ? Si on aime son travail, s’il nous passionne, y a-t-il vraiment un inconvénient à y penser tout le temps ?

On a demandé l’avis d’Elisabeth Meinertzhagen, coach certifiée spécialisée dans la prévention des RPS (risques psychosociaux). Voici ce qu’elle en dit.

Lorsque le travail prend toute la place, les conséquences se font souvent ressentir en cascade. Parmi celles-ci :

  • le désinvestissement dans la vie familiale, et tout ce qui en découle : fragilisation du couple, perte de lien avec ses enfants, etc. ;
  • des angoisses telles que le syndrome du “jamais à jour”, qui pousse à se sentir constamment en retard sur son travail ;
  • des troubles du sommeil fréquents ;
  • des difficultés de concentration ;
  • une sédentarisation accrue ;
  • et, comme toujours lorsque l’on est en surchauffe, des dysfonctionnements du système immunitaire.

Rien de bien réjouissant, donc. Sans compter que, dans les cas extrêmes, ce mal-être peut aller jusqu’à l’épuisement professionnel, plus communément appelé le burn-out.

Suis-je hyper connecté(e) ?

C’est le cas de nombreux comportements dits “pathologiques” : on ne s’en rend pas compte avant qu’il ne soit… trop tard.

On a demandé à Elisabeth quelques signaux à guetter pour savoir quand trop, c’est trop.

  • vous avez des angoisses et des pensées liées au travail le soir, le week-end, en vacances ;
  • vous vous sentez isolé(e) socialement ;
  • vous consultez régulièrement vos mails en dehors de vos horaires de travail ;
  • vous sautez des repas tant vous êtes absorbé(e) par votre travail ;
  • vous vous endormez en pensant au travail ;
  • vous travaillez le week-end, au détriment de vos occupations familiales et / ou loisirs ;
  • vous vous sentez coupable lorsque vous vous reposez ;

Vous vous êtes peut-être reconnu(e) à la lecture de ces symptômes. Au fond, ne sommes-nous pas tous un peu hyperconnectés ?

La mauvaise nouvelle : oui.

La bonne nouvelle : il n’y a là aucune fatalité.

Déconnecter devient un acte conscient

Puisque tout est fait pour nous permettre de travailler tout le temps, il en revient à nous, humains raisonnés et raisonnables, de poser les limites.

Mais par où commencer ?

Première étape : on définit ses priorités personnelles

En chaque début de semaine, posez-vous vraiment la question : “Qu’est-ce que je veux absolument avoir fait cette semaine en dehors du travail ?”
Une séance de sport ? Une soirée entre amis ? Au moins deux dîners avec mes enfants ?

Deuxième étape : on organise ses journées

Bien qu’il soit difficile de l’admettre, l’hyperconnexion est souvent liée à un manque d’organisation (d’où l’impression constante de devoir “rattraper un retard”). Pour mieux s’en préserver, remettons de l’ordre. Chaque chose à sa place (et les crocodiles seront bien gardés). Concrètement : à quelle heure dois-je me mettre au travail ? A quelle heure dois-je partir ce soir ?
Et si tout était une question de fixer des horaires et de s’y tenir ?

Troisième étape : chaque matin, on dresse la to do

“Oui, normal”, nous diriez-vous. Mais attention : la to do doit être réalisable dans la journée. Ceci est un point très important. Le plus important, peut-être. Car comment déconnecter vraiment en fin de journée avec une to do non terminée ? Si besoin, on fait le point avec son manager ou l'on délègue certaines missions pour éviter la surcharge de travail.

Quatrième étape : on communique

Combien d’"abus” non intentionnels ont été commis au travail à cause d’un manque de communication ? On vous le demande.
Toujours est-il que la clé d’un environnement professionnel serein reste la communication. Dîtes à vos collègues comment vous préférez que l’on vous sollicite. Indiquez les plages horaires sur lesquelles vous êtes disponible. Indiquez aussi les moyens par lesquels vous préférez que l’on vous contacte (par mail ? par messagerie ? par téléphone ?) Car une chose est sure : ils ne peuvent pas le deviner !

Tout cela vous semble peut-être évident. Ou impossible. Ou les deux à la fois.

Le secret, comme pour beaucoup de choses, est d’être systématique. Oui, au risque de paraître psychorigide. Car il n’y a rien, non rien, de plus difficile à défaire qu’une (bonne) habitude.

Et puis, comme disait Aristote, “ce que nous devons apprendre à faire, nous l’apprenons en le faisant.”

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