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Mieux vivre son FOMO (peur de rater quelque chose)

“FO-quoi ?” : vous avez l’impression d’avoir raté un épisode ? Ça tombe bien, c’est tout le sujet du jour.

La peur de rater quelque chose, ou FOMO de son nom anglophone (”fear of missing out”), fait beaucoup parler d’elle dans le milieu de la psychologie — mais pas seulement.

Sa caractéristique principale, c’est celle de nous donner l’impression qu’on passe sans cesse à côté d’événements ou d’activités plus incroyables les uns que les autres. Tous vos collègues parlent d’un afterwork à venir auquel vous ne pourrez pas vous rendre et cela vous préoccupe ? Vous devez choisir entre deux soirées d’anniversaire et vous avez peur de faire le mauvais choix ? Les stories Instagram de vos amis vous donnent l’impression que votre vie est constamment moins palpitante que la leur ?

Félicitations, vous êtes vous aussi atteint(e) de FOMO !

Le sentiment qui se cache derrière ce phénomène ? Le regret, mais un regret particulier dans la mesure où il est anticipé.

“On parle de prévision affective : on se projette dans un ressenti théorique lié à un événement qui ne s’est pas encore produit. Dans le cas du FOMO, on anticipe notre regret de ne pas avoir participé à tel concert ou à telle soirée… avant même qu’ils n’aient eu lieu.”

Aurélie Mora, psychologue référente chez moka.care

Et vous vous en doutez, il n’est pas sans conséquence sur la santé mentale : on se sent mal, anxieux(se), envieux(se), déprimé(e)… Parfois tout en même temps.

Ce phénomène — qui ne date pas d’hier, contrairement à ce qu’on pourrait penser —, est d’autant plus important aujourd’hui que l’exposition de la vie des uns et des autres sur les réseaux sociaux est aussi constante qu’accessible.

Et qui dit réseaux sociaux dit souvent image embellie de la réalité, ce qui ne fait que renforcer ce sentiment d’infériorité qu’on peut ressentir face à notre smartphone.

Pour tenter de mieux vivre cette peur de passer à côté de quelque chose, on vous donne aujourd’hui 3 conseils à appliquer au quotidien.

1. Moins de temps sur les écrans, plus de temps pour vous

“Plus facile à dire qu’à faire”, on le sait bien. Mais laissez-nous une chance de vous convaincre.

Dans son livre Votre temps est infini, Fabien Olicard divise le temps d’une journée en plusieurs catégories.

  • Le “temps professionnel” pendant lequel on travaille
  • Le “temps obligatoire” auquel sont consacrées toutes les activités pas toujours agréables mais essentielles du quotidien (vaisselle, ménage, sommeil…)
  • Le “temps personnel”, à l’inverse, qui regroupe les activités qui nous procurent uniquement du plaisir (voir des amis, regarder une série)
  • Le “temps pour soi” qui englobe les activités qui nous permettent d’évoluer physiquement, intellectuellement ou spirituellement (jouer d’un instrument de musique, faire du sport, méditer…)
  • Et enfin le “non-temps”, un temps qui ne rentre dans aucune des catégories ci-dessus, qui ne nous procure rien de particulier et n’a aucun véritable intérêt… si ce n’est qu’il nous empêche de nous consacrer davantage aux autres temps.

Vous vous en doutez, le fait de traîner sur les réseaux sociaux fait partie de cette dernière catégorie (on vous en parle d’ailleurs dans le programme L’addiction aux écrans). En plus de n’avoir aucune utilité, ce “non-temps” est souvent générateur de sentiments négatifs comme le FOMO.

Notre conseil n’est donc pas nécessairement de désinstaller Twitter et Instagram sur-le-champ, mais plutôt de mettre le temps que vous y passez dans la balance avec un temps qui vous épanouirait réellement, le fameux “temps pour soi”.

Qui sait, si vous lui faisiez un peu plus de place en choisissant des activités qui vous font du bien, peut-être que votre vie vous satisferait assez pour que vous n’ayez plus peur de rater quelque chose ?

2. Prendre des décisions pour vous et personne d’autre

Mais le FOMO ne se limite pas aux réseaux sociaux.

Quand il s’agit de prendre des décisions liées à un contexte social (sortir avec des amis, se rendre à un mariage, partir en vacances), la pression exercée par nos pairs qui nourrit notre FOMO nous pousse parfois à faire des choix avec lesquels nous ne sommes pas entièrement alignés.

On préfère alors se forcer plutôt que de se confronter au jugement potentiel des autres ou de se sentir exclu(e) d’un groupe.

Nous vous encourageons donc, à chaque fois que vous vous apprêtez à prendre une telle décision, à vous poser la question suivante : “suis-je guidé(e) par l’envie ou par la peur (de décevoir, de rater quelque chose, d’être jugé(e)…) ?”

Cette congruence, c’est-à-dire la cohérence entre ce que vous ressentez et les actions que vous prenez en conséquence, devrait drastiquement réduire votre FOMO.

3. Changer de point de vue

Comment ça, on se répète ? Eh oui, mais changer de perception pour se focaliser sur le positif est souvent la solution pour faire disparaître nos ressentis négatifs.

En y regardant de plus près, le FOMO fonctionne un peu sur le même principe que le “syndrome de la mauvaise file d’attente” selon lequel on a toujours l’impression que celle d’à côté avance plus vite que la nôtre.

Au lieu de ne voir que la file d’à côté (ce que vous pourriez rater, que les autres ont et que vous n’avez pas), essayez de vous concentrer sur ce qui est devant vous. Certes, vous n’irez pas à ce concert auquel tous vos amis vont passer un super moment, mais vous serez entouré(e) de votre famille, au soleil sur votre terrasse, un verre de thé glacé à la main.

Alors, elle est pas belle la vie ?